Qui Suis-je?

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Je suis né en 1965. J'ai commencé le chant à 16 ans avec Marie Louise Lauta Vermeil à PARIS. Merveilleux professeur de piano et de solfège.

Je suis ce que l'on appelle un surdoué vocal, avec ses problèmes. C'est à dire que, jeune, ma voix sortait toujours, quelque soit les mauvais traitements que je lui faisais subir. J'étais orgueilleux, ne comprenant pas les mises en gardes des chanteurs aguerris, et je m’enivrais des compliments. Malheureusement, j'ai compris plus tard, à mes dépends...!

J'ai fait mon service militaire en 1986 dans les chœurs de l'armée Française, dirigé à l'époque par Serge Zapolsky, et suis rentré au Conservatoire National Supérieur de Musique de PARIS dans la classe de Jane Berbié, Xavier Depraz et Bernard Broca.

Rapidement engagé comme ténor au sein de l'agence artistique Cedelle, j'ai participé à de nombreux Opéras et Oratorios en soliste. J'ai chanté sous la direction de grands chefs, comme Charles Dutoit, Jiri Kout, Marek Janowski, Jaffrey Tate, Ricardo Muti et bien d'autres.

​Je suis allé chanter notamment en Amérique latine, en Italie, en Allemagne, en Angleterre et dans pratiquement tous les opéras de France, y compris l'opéra Bastille, dans l'Elektra de Strauss, avec Gwyneth Jones.

​J'ai fait de nombreux stages auprès de grands chanteurs, comme Vera Rosza, Christa Ludwig, Gino Becchi...

J'ai travaillé également la pédagogie lors de formations, notamment auprès de Géraldine Ros et Monique de Saint Ghislain, chez Harmonique, dirigé par Jean Francis Zermati. 

​Je sais ce qu'est une production. Je connais la rigueur du métier d'artiste, l'exigence du plateau, la régularité nécessaire dans la performance. Je sais aussi ce qu'est tenir une place dans le plus grand chœur à vocation symphonique du monde, car chanter en chœur est souvent plus difficile que de chanter en soliste, si l'on met de coté le trac, que l'on surmonte, ou pas.

A mes débuts, j'étais rongé par ce trac et souffrais d’un manque total de confiance en moi, et pour cause, ce n'était pas moi qui faisait ce que je voulais de ma voix, mais plutôt ma voix qui faisait ce qu'elle voulait de moi. Heureusement, j'avais un instrument d'une solidité à toute épreuve. Achevé et démoralisé par le laboratoire de la voix qui m'avait persuadé que si j'avais du mal dans l'aigu c'est que j'étais baryton, épuisé mentalement, mis de coté à juste titre par mon agent, il fallait bien que je vive et j'ai alors tenté et réussi le concours d'entrée dans le Chœur de  Radio France en 1994, où je suis resté 17 ans comme ténor 2, en fait, pour mon plus grand bonheur.

J'ai travaillé avec de nombreux maitres et ai passé ma vie à l'étude passionnante de l'instrument vocal et du chant. Mon emploi du temps à Radio France me permettait de continuer à chanter en soliste, et de consacrer énormément de temps à apprendre. 

J'ai travaillé, entre autre, et dans le désordre avec :

Marie Louise Lauta Vermeil, Lya Gaches, Claire Dinville, Christiane Patar, Jean Pierre Blivet, Vera Rosza, Mady Mesplé, Remy Corazza, Peter Gotlieb, Claude Tiollas, Guy Lacairie, Yvonne Pons, Malcolm king, Giuseppe Giacomini, Giorgio Zancanaro, Jeanne Berbié, Anne Le Coutour, Anna Maria Bondi, Paata Burchuladzé, Nikolas Nilolov à Sofia, Anne Donadieu, Jean Loupien (dernier éleve de George Thill), Christa Ludwig, Christian Guerrin, Jean Noel Briend, Anne Courty. Ils m'ont tous apporté beaucoup. Pardon à ceux que j'aurais pu oublier.

Un accident de voiture en 2006 (choc frontal sur autoroute avec une voiture à contresens conduite par une personne âgée malade d'Alzheimer) à été décisif. 14 fractures ouvertes, trauma crânien grave, pneumothorax, arrachement de la rate. Les médecins disaient que je ne marcherais jamais plus. Après plusieurs années d’hôpital et de centres de rééducation, de lutte cauchemardesque, l'homme que j'étais fut métamorphosé, je voyais la vie autrement.

J'ai perdu ma voix à deux reprises. La première fois en 1986, lorsque j'étais dans les chœurs de l'Armée Française. En effet, se retrouver ténor 1 à 21 ans, avec un instrument très large de grand ténor lyrique, sans aucune technique, est suicidaire pour la voix, et ce qui devait arriver arriva. Fente glottique importante entrainant une fuite d'air. Repos vocal et rééducation, heureusement, avec deux des meilleures orthophonistes de Paris, Lya Gaches, puis Claire Dinville, auprès de qui j'ai pu, après ma rééducation, continuer à apprendre durant des années, notamment au sujet des lésions acquises, pour mon plus grand bonheur et celui de mes élèves aujourd'hui. 

La deuxième fois en 2006, après mon accident de voiture. 13 opérations et intubations. Coma artificiel, intubé sous respirateur durant pratiquement 15 jours. Je n'avais plus rien, qu'un courant d'air de voix. Même la voix parlée était difficile. J'ai alors, pour la deuxième fois, grâce à mon travail, à ma volonté et à mon expérience, tout reconstruit, en mieux. C'est pour cela que je sais faire travailler les élèves, m'adapter à chaque cas. Grâce à toute cette expérience avec tous mes maîtres, à mes dizaines de lectures et nombreux stages, j'ai pu apprendre des dizaines de façons d'aborder le travail, et expérimenter ce qui marche, et ce qui ne marche pas !! Et quand ça marche, ça marche tous les jours !!  J'ai pu aussi associer la science des maîtres, aux recherches médicales et physiologiques, grâce entre autre, à mon ami Christian Guerin, qui a merveilleusement balayé toutes les contradictions et bêtises que l'on peut entendre chez beaucoup de professeurs. Gigli n'est pas loin de Johan Sundberg !

Autrefois, on restait des années chez son professeur. Caruso est resté 12 ans chez son maitre, Mario Filipeschi à vocalisé 5 ans chez le sien. Callas passait ses journées chez Elvira de Hidalgo, à entendre tous les  cours ! Aujourd’hui, dans cette société pressée, il faut aller vite, et cela va à l’encontre de l’art. Combien de fois ai-je entendu « Mais aujourd’hui on ne chante plus comme ça » Ah bon ??!! Et bien, c’est dommage, et heureusement qu’il y a les micros pour sauver la situation ! Tous les passionnés ont les grandes distributions du passé dans les oreilles et se plaignent de ne plus retrouver cela. Imagineriez-vous aujourd’hui, une Walstein, un Tauber, un Lauri-Volpi ou un De Luca ? Ce serait un tsunami et plus rien d’autre n’existerait. Nous ne sommes pas plus bêtes que les anciens, et cette méthode de travail, cette esthétique de la voix nous est livrée partout, à qui veut l’entendre, non seulement avec des instruments extraordinaires comme youtube, mais aussi dans les écrits. Les anciens disaient tous la même chose : « La voix en tête, et pas dans la gorge ». Un minimum de fatigue, pour un maximum de portée et de beauté. De plus, cette position vocale fait que le texte devient intelligible même de loin, clair, facile.

 

Chez moi, nous prenons le temps, et vous comprendrez, qu'en prenant le temps au début, en fait, on en gagne énormément !! Je me permets de finir avec la devise du Royal College of music de Londres : « Celui qui lutte, réussit ». Merci de votre patiente lecture.